Quand le chantier est pris en compte dans l’évaluation environnementale du bâtiment
En Belgique, l’évaluation environnementale des bâtiments franchit une nouvelle étape.
Révisée en 2026, la norme européenne NBN EN 15978, définit la méthode pour quantifier l’impact d’un bâtiment sur l’ensemble de son cycle de vie.
Elle est déjà prise en référence par plusieurs dispositifs européens ainsi que par TOTEM, l’outil belge d’analyse du cycle de vie. Pour les entrepreneurs, le changement le plus concret est la place plus importante accordée au module A5, dédié à la phase d’installation sur chantier.
La méthode révisée renseigne plus précisément les impacts produits lors de l’exécution : énergie consommée par les engins et installations temporaires, eau, transports internes, pertes de matériaux, emballages, déchets et traitements de fin de chantier. Les données environnementales des produits, notamment les EPD, sont également mieux alignées sur le calcul global.
Cette évolution signe une montée de la demande en données fiables de la part des maîtres d’ouvrage et des bureaux d’études, notamment pour les bâtiments publics ou les projets assortis d’objectifs environnementaux.
Annexe nationale
L’entreprise devient un acteur clé de la preuve : elle est la plus à même de documenter les consommations réelles, les quantités livrées, les pertes, les déchets et les écarts par rapport au projet.
En pratique, il est avantageux pour les entrepreneurs de mettre en place, dès le début du chantier, une collecte simple : relevés d’énergie et d’eau, bons de livraison, registre des déchets, quantités réellement utilisées et justification des variantes.
Il faut également s’assurer que les produits proposés comme substituts disposent d’informations environnementales comparables. Cette traçabilité rendra la réception des travaux plus aisée et évitera que de bonnes pratiques de chantier ne restent invisibles lors du jugement final.
La Belgique prépare une annexe nationale afin de mettre en œuvre de façon cohérente les options du référentiel. Les deux versions doivent coexister pendant 24 mois.
Le réflexe à avoir est d’essayer une fiche de suivi sur quelques chantiers neufs. Les entreprises auront donc des données crédibles, quand les appels d'offres les demanderont de façon plus systématique.
Source : Buildwise – une nouvelle méthode d’évaluation de la performance environnementale des bâtiments
